Mais toi, tu n'es pas utile aux étoiles. // LESLIE.



 

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Mais toi, tu n'es pas utile aux étoiles. // LESLIE.
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Sujet Mais toi, tu n'es pas utile aux étoiles. // LESLIE.
Dim 10 Déc - 23:13
Mais toi, tu n'es pas utile aux étoiles.
Lukas x Leslie

Je n'étais jamais là. Je ne l'avais jamais vraiment été. C'était comme une maladie. Qui remontait aux origines. Ma vie s'ouvrait sur un trou noir. Une absence. Un socle dont rien ne subsistait et dont je continue aujourd'hui à me dire qu'il m'a toujours manqué. Ma vie était bâtie sur du sable. Des années enfuies dont ne subsistait qu'une matière opaque, impénétrable.


Je crois que ça ne va pas. C'est ce qui se répète en boucle dans ta tête. C'est le cœur lourd, la poitrine compressée, l'angoisse et l'envie de pleurer, de hurler, de t'enfouir dans ta couette et de ne plus jamais bouger. T'as essayé d'enfouir tout ça, avec l'alcool, avec les révisions, avec les autres, tes amis et tes amants, mais ça semble s'aggraver un peu plus à chaque instant, comme si, à chaque geste que tu faisais, la blessure s'agrandissait. Tu allais exploser, et tu ne savais même pas pourquoi, tu ne savais pas précisément car il ne s'est rien passé de particulier dans ta vie. A part la même culpabilité depuis des années, à part la peur d'être inutile, de rien savoir faire de ta vie, d'aimer et d'être aimé, de ne pas aimer et être aimé, la peur de tout du monde de toi-même – surtout de toi-même. Tu ne saurais expliquer toutes ces choses qui passent dans ta tête, les petites voix qui te chuchotent que tu n'es rien pour personne et la boule dans ton ventre qui ne disparaît pas. Rien n'aurait pu provoquer ça, ou presque rien. Il y a bien l'autre con de Benedict, son charme dans le noir avant la révélation – tu n'arrivais toujours pas à croire que le Destin avait pu vous bernez ainsi, parce qu'au final il a été tout aussi surpris et horrifié que toi lorsque les lumière se sont rallumées. Et ça devait juste s'arrêter là. Il avait été charmant, dans le noir, lorsque vous ne vous connaissiez pas, lorsque tu as pu faire glisser tes doigts sur sa peau, dans ses cheveux, pour essayer de l'imaginer, de mettre un visage sur cette voix, cette présence ; tu l'as découvert comme tu n'avais jamais découvert personne, mais c'était tout, ça s'arrêtait là. De base, tu voulais du sexe, juste du sexe. Ça n'était pas censé te perturber plus que ça, surtout pour un type qui passait son temps à te taper sur les nerfs. Il n'était rien, n'est-ce pas ?

De toute façon, tu étais incapable d'aimer.

Tu étais incapable d'être normal, d'aimer normalement, d'avoir le cœur qui bat vite et bien sans que ça ne tourne à la catastrophe, sans que tu ne commences à devenir dingue – t'es jamais tombé réellement amoureux, tu ne crois pas, ça doit être une option manquante à ton cœur tordu. Même, tu ne voulais pas ressentir cela, c'était quelque chose de trop fort, de trop effrayant. T'allais briser l'autre, si tu tombais amoureux, t'allais le plomber et te faire détester, de toute façon tu ne servais pas, à personne, tu ne faisais que détruire et détruire encore, tes relations, ta sœur, toi-même. Et pourtant, en cet instant, t'aurais voulu être amoureux. T'aurais voulu qu'on t'aime, qu'un corps te serre et te murmure que tu ne détruis personne, que tu es quelqu'un. Quelqu'un pour cette personne-là. Tout explose dans ta tête, t'as une énorme boule dans la gorge et tes jambes t'ont portées là toutes seules. Tu regardes le bâtiment, tu te rends compte que ton regard est un peu plus flou que la normale, tu te rends compte que ça n'est pas ta vue qui pose problème mais le voile de larmes qui est devant, et tu sais pas pourquoi t'es là, peut-être parce qu'il est le dernier à t'avoir offert cette tendresse, même si il n'y avait aucun sentiments amoureux derrière, enfin, tu crois, ni pour toi ni pour lui, et que t'en as besoin, en cet instant.

Tu penses à Letha qui vient dans ta chambre lorsqu'elle ne va pas bien, et un sourire ironique se dessine sur tes lèvres. Parce que même si vous n'êtes plus ensemble, c'est toujours chez Leslie que tu échoues lorsque ton cœur explose, lorsque tu as besoin d'un plaid et d'une étreinte et d'un film, contre lequel tu te mets à pleurer quand tu te caches de tous les autres car tu ne veux pas paraître faible. Tu grimpes les étages rapidement, t'essouffles rapidement parce que tu sanglotes à côté, et tu toques à sa porte. T'espères qu'il est là, t'espère de tout cœur, parce que sinon tu sais pas ce que tu vas faire, tu ne l'as même pas prévenu comme d'habitude, et tu t'en veux, tu t'en veux tellement d'être un tel boulet pour lui ; heureusement que vous n'êtes plus ensemble, sinon t'aurais été capable de le tirer vers le bas, lui aussi. La porte s'ouvre, il est là, devant toi, et tu l'observes, ton regard toujours plus flou, tu vois à peine son visage, tout est tordu autour de toi. Tu ne vois plus rien. Tu aimerais que ça se taise, dans ta tête. « Je crois que ça va pas » Que tu lâches d'une petite voix cassée, et t'as envie de t'excuser, mais lorsque tu ouvres la bouche y'a juste un sanglot qui y coule.

#iwhae


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Sujet Re: Mais toi, tu n'es pas utile aux étoiles. // LESLIE.
Lun 11 Déc - 0:13

Et j'aime la nuit écouter les étoiles.

Il y a plein de choses que tu n'aimes pas.
Le jour quand il t'agresse.
Le bruit quand il résonne.
Les gens quand ils parlent.

Tu n'as pas dormis. Toujours pas. Tu aurais pu après être rentré de la radio, mais tu n'as rien fait. Un café, et tu t'es assis sur ton canapé Tu aurais pu lire un livre mais l'encre se transformait en flaque et ton regard fuyait ne serait-ce que le fil qui conduit l'histoire. Même pour lire, tu es trop fatigué.
Ah, quelle blague.
Peut-être que tu es trop vieux pour ce genre de vie ? Peut-être que tu devrais prendre un rythme normal, comme un adulte de ton âge, te lever le matin, te coucher le soir, ne pas vivre la nuit.
C'est pour ça que tu n'as personne, SaeHee, c'est la voix de ta mère qui se fait entendre -et tu voudrais qu'elle arrête. Mais certainement qu'elle a raison, certainement que tu exagères, certainement que tu devrais arrêter toutes ces conneries. Qui voudrait d'un gars comme toi ?
Aucune hygiène de vie.
Aucun respect pour ta personne.
Et tu regardes dans l'évier la vaisselle qui s'est accumulée, la couverture qui traîne sur le canapé, l'oreiller sur le fauteuil, les restes du chinois d'hier qui sont encore sur la table basse -était-ce hier ? Tu n'as rien pour plaire, t'es un peu comme tous les gars, t'as peut-être aussi besoin qu'on te secoue.
Tu te laisses bien trop aller Leslie, ça ne va plus, et tu soupires dans le vide.

Une cigarette.

C'est ce qu'il te fait à cet instant, une cigarette. Tu prends entre tes doigts la cancéreuse précieuses et tu l'allumes -onze minutes,
et ça te fait sourire. Onze minutes, c'est quoi ? Le temps de t'ennuyer,
alors tu tues l'ennui. A ta manière, certainement.

Silence. Tu fais silence quand l'on frappe à ta porte -qui c'est ? pourquoi ? à cette heure-ci ? et tu aurais presque envie de mourir -un peu plus encore. Tu ne veux voir personne. Tu ne veux rien entendre. Ni plainte,
ni complainte, mais ton coeur trop gentil, ton coeur trop gros, c'est lui qui décide, pas ta tête, c'est lui qui bat, c'est lui le chef -c'est comme ça qu'il te l'a dit une fois, tu le sais.

Ca ne va pas. Tu ne sais pas si tu es surpris, tu ne crois pas. Tu le regardes, là, devant toi, sanglotant et tremblotant. Tes yeux se sont presque fait tendre, la cigarette entre tes lèvres menacent de s'effondre si tu n'en fais pas fuir la cendre bouillante -mais tu t'en fous, « Lukas... » mais as-tu vraiment le droit de prononcer son nom comme ça ? Si tendre, et si doux. Peut-être que tu ne devrais pas -tu fais partie de ces choses qui ne vont pas, et pourtant, il est là. « Viens... » et peut-être que tu aurais presque ris si la situation s'y prêtait -mais elle ne s'y prête pas.
Tu ne sais pas agir en société.
« Va, va... » tu ne sais même pas comment le consoler. T'es nul pour ce genre de choses, nul pour savoir comment les gens marchent,
nul pour le comprendre -tu as toujours été nul pour le comprendre.
Ce sont les manches de ton pull rayé qui viennent essuyer ses sanglots,
qui viennent assécher la rivière, calmer le torrent -et ce n'est rien de tout ça mais parfois tu te penses l'âme d'un poète alors tu t'imagines des choses, tu inventes, embellis les choses... Tu essayes de faire propre la toile, de nettoyer son visage, tu prends ses joues entre tes doigts, tu appuies un peu dessus -comme pour le faire sourire, et tu es un enfant

Ta cigarette finit jetée dans le cendrier, à moitié fumante, à moitié éteinte -un peu comme toi, comme lui. Vous êtes tous les deux un peu cassés,
un peu de travers, tu le sais. C'est pour ça que vous vous êtes trouvés.
Mais toi, tu es un adulte. C'est encore un enfant, lui. Qu'on lui trouve un tuteur pour qu'il se redresse, on ne peut laisser les jeunes pousses ployer -mais tu n'es pas jardinier, alors ça non plus, tu n'as pas su faire. La couverture qui traînait, tu savais qu'elle allait être utile. Tu l'as mises sur ses épaules, tu l'as enroulé dedans. Tu n'as encore rien dit, parce que tu ne sais pas quoi dire, parce que tu ne sais pas quels sont les problèmes,
parce qu'il n'a peut-être pas envie de parler.
Tu n'aimes pas les mots.
C'est que tu n'es pas très fort avec, parfois ils se mélangent, parfois ils disent des choses que tu ne penses pas, parfois ils se perdent, ne s'entendent pas.

Tu l'as guidé jusque sur le canapé où tu l'as fait s'asseoir, et tu t'es assis à côté de lui, jambe en tailleurs, épaule contre épaule, et tu as laissé tomber ta tête sur son épaule.
C'est toi l'enfant.
« Tu veux parler ? » Pourquoi serait-il venu, sinon ? « Ou peut-être que tu es venu pour un chocolat ? » pour oublier ses larmes.
Tu es un enfant.
« J'ai des chamallows. »
Un véritable enfant.

EXORDIUM.
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Sujet Re: Mais toi, tu n'es pas utile aux étoiles. // LESLIE.
Mar 12 Déc - 0:18
Mais toi, tu n'es pas utile aux étoiles.
Lukas x Leslie

Je n'étais jamais là. Je ne l'avais jamais vraiment été. C'était comme une maladie. Qui remontait aux origines. Ma vie s'ouvrait sur un trou noir. Une absence. Un socle dont rien ne subsistait et dont je continue aujourd'hui à me dire qu'il m'a toujours manqué. Ma vie était bâtie sur du sable. Des années enfuies dont ne subsistait qu'une matière opaque, impénétrable.


Tu n'avais pas voulu atterrir ici. Tu n'avais pas voulu venir le déranger, encore une fois. Pas à une heure pareille, alors que les cours ne commencent que dans deux bonnes heures, alors que le soleil pointe à peine le bout de son nez, en fait, tu aurais voulu arrêter de le déranger, tu aurais voulu arrêter de déranger tout court. Tu veux plus être un boulet, toi, mais plus tu souhaitais faire bien et plus tu foirais, plus tu te transformais en poids mort sur les épaules des autres. Tu t'en veux, d'être ici, et tu sais pas si tu parles d'être devant sa porte ou d'être sur cette terre-là, tu culpabilises d'être vivant ou peut-être d'être mort, tu sais pas, parfois t'as l'impression d'être dans cet entre-deux bizarre et ça te terrifie. Tu ne devrais pas être là. Tu devrais t'enfuir, faire marche arrière, gérer ça tout seul, mais t'as pas le temps de te retourner que la porte, elle s'ouvre déjà, et qu'il est devant toi, et que tu t'écroules une bonne fois pour toutes. T'es pathétique, Lukas. Tu te déchires toi-même le cœur, tu passes ton temps à ça, c'est même pas la vie qui fait ses coups de pute c'est juste toi qui sait pas y faire, qui sait pas comment gérer ce qui bat dans ta poitrine, t'as vingt-deux ans et t'es incapable de gérer tes émotions. Et tu veux jouer le grand ? Tu veux jouer le frère modèle, celui qui est fort, celui qui protège ? Tu mérites des claques. Tu mérites qu'on te pousse, qu'on te mette un coup de pied au cul, n'importe quoi pour que tu arrêtes d'être ainsi – trop fragile. Tu étais bien trop fragile. Qui voudrait de quelqu'un comme toi, qu'on doit repousser car trop collant, qu'on doit reconstruire car trop détruit ? C'est pour ça que vous n'êtes plus ensemble, Leslie et toi ; enfin, tu crois. Ca ne peut être que de ta faute, de toute façon, non ?

Y'a ton prénom sur ses lèvres, il est dit d'une façon si douce que ça te donne l'impression d'être précieux. Mais tu ne l'es pas, n'est-ce pas ? Tu n'es rien, tu n'es plus rien, un grand vide rempli de pas grand chose, et ça te fait sangloter plus fort. Parce que cette douceur, tu ne la mérites pas ; parce que tu ne devrais même pas être là, devant lui, est-ce normal de courir chez son ex quand on va mal ? Tu ne crois pas, mais tu ne sais même plus ce qui est bien ou non, ce qui se fait ou non, tout ton cerveau est brouillé par la douleur dans ta poitrine. Tu entres finalement dans son appartement, tu te laisses un peu manier par lui, de toute façon ça t'importe peu maintenant, il est à tes côtés et tu te sens aussitôt mieux, ses manches glissent sur tes joues pour essuyer tes larmes alors que tu renifles piteusement, alors que tu te retiens de verser d'autres larmes pour ne pas mouiller un peu plus son pull. Tu t'en voudrais, de laisser un peu plus ta trace sur lui, alors que tu en as déjà tant fait, alors que parfois, t'as l'impression d'avoir agrandi un peu plus la fissure de son âme, alors que parfois, t'as l'impression que c'est un peu de ta faute, cet appartement en bordel, cette vaisselle pas lavée. Tu avais dû faire quelque chose de mal, non ? Sinon, ça aurait dû marcher. Mais ça n'avait pas été le cas. Attirés par la petite cassure en vous, il semblerait que vous vous ressembliez trop pour concorder. Et pourtant, même après la rupture, t'en es encore là. Au même point. A t'enrouler autour du plaid qu'il installe sur tes épaules, pour te laisser tomber dans son canapé en essayant de calmer à la fois tes sanglots et ton cœur qui bat la chamade, qui semble vouloir exploser pour ne plus exister.

Il y a sa tête qui se pose sur ton épaule, et tu penches la tienne pour la poser dessus, tes sanglots secouant encore légèrement ton corps. Tu secoues la tête pour répondre à ta question, parler, parler pour dire quoi ? Il n'est rien arrivé, rien, c'est juste toi qui t'es effrité, encore une fois, tu sais pas pourquoi, y'a aucune raison particulière, c'est juste toi, t'es cassé, t'es comme ça – et t'aimerais dire, parfois, à quel point t'as peur de te briser et de briser les autres, leur dire que t'aimerais qu'ils partent et qu'ils restent, que tu ne veux pas être seul mais que tu le dois, parce que c'est toi ou c'est les autres et tu préfères que ça soit toi. T'aimerais dire, la peur, la douleur, celle que lui aussi doit ressentir, celle qui vous pousse en-dehors de vos propres corps, comme si vous assistiez au film de votre vie ; mais tu ne dis rien. Tu ne dis rien, parce qu'on ne parle pas de ces choses-là. Parce qu'il n'y a rien à répondre. Alors non, tu ne veux pas parler. « Je pourrais plonger les chamallows dans le chocolat ? » Que tu demandes d'une petite voix, parce qu'il est un enfant mais toi aussi, et que t'as besoin qu'on te couve, qu'on te protège, juste pendant un instant. Pourtant, tu ne bouges pas, tu restes prostré là sur sa tête, et après tu fais basculer ton corps pour te retrouver allongé sur ses cuisses, essuyant ton nez de ta manche sans aucune grâce – c'est pas grave, il t'a vu en sueur après l'amour bien plus d'une fois, effondré et encore plus dégueulasse qu'en cet instant. T'avais plus vraiment de tabous, avec lui. « Je suis désolé. » C'est ce que tu dis à chaque fois ; désolé d'être venu, désolé de t'avoir dérangé, désolé d'être là, de m'accrocher à toi, désolé de te plomber, désolé d'être un boulet. Pardonne-moi, pardonne-moi Leslie d'être un boulet.

Je vais m'améliorer.

Mais comment pouvons-nous améliorer la tristesse ?

#iwhae


Invité

Sujet Re: Mais toi, tu n'es pas utile aux étoiles. // LESLIE.
Mar 12 Déc - 17:38

Et j'aime la nuit écouter les étoiles.

Un non de la tête, ses cheveux qui font du bruit contre les tiens, des reniflements peux grâcieux, tes yeux qui se ferment. C'est agréable tristesse, la peine. C'est reposant. Cane fait pas de bruits, il n'y a que son coeur qui bat, un morceau de chair qui s'accroche. Tu aurais pu rester ainsi à écouter ses sanglots bercer ta mort. Mais sa voix résonne, encore. Tes sourcils se froncent, un rire finit par t'échapper. C'est un enfant, un nouveau-né. Pourquoi le monde est-il aussi cruel ? Qu'a-t-il contre les hommes ?
Est-ce vraiment les hommes ont quelque chose à voir avec ça ?

Ne t'excuse pas.
Ne t'excuse pas. Est-ce que tu lui as déjà dit qu'il n'avait pas à s'excuser ? que ça ne sert à rien ? Que ce ne sont que des mots, que ce n'est de l'air.
Pourquoi est-ce qu'il s'excuse ?  
Il n'y a rien, c'est idiot des excuses. C'est fait pour se donner bonne conscience, pour s'apitoyer, pour que l'on pose des questions ; désolé de quoi, pourquoi ? ne dis pas ça...
Mais toi,
toi.
T'es pas comme ça. T'es un petit con, certainement. Mais tu t'en fous des excuses, tu ne veux pas les entendre, tu n'excuses personne et tu ne t'excuses pas non plus. Il faut savoir vivre avec ses erreurs, il faut apprendre à faire avec, il faut porter sur ses épaules le poids de ses actions.
Assumer, n'est-ce pas ? regarde où ça t'a mené, Leslie. Droit dans le mur. Tu as beau avancer, c'est du sur place que tu fais. Tu n'es pas vraiment un exemple, pas vraiment un modèle -que l'on t'ignore, que l'on te laisse vivre, seul, comme un con.
Tu as juste passé le temps des regrets,
peut-être apprendra-t-il aussi.
Peut-être n'apprendra-t-il jamais.
Peut-être a-t-il besoin de ces larmes.
Peut-être as-tu besoin de ces larmes.
Est-ce que tu pleures parfois, Leslie ? Est-ce que tes manches ont déjà essoré tes joues autant que les siennes ?

Tu viens mettre ta manche sur son visage et tu secoues un peu sa tête, doucement, affectueusement -comme on embêterait un chat. « Ca arrive à tout l'monde. » mais tu ne sais pas trop ce qui arrive à tout le monde, en vérité. Toi ce genre de choses, ça ne t'arrive pas.
T'es cassé aussi.
T'as une pièce qu'a pété.
Mais ça ne t'arrive pas.

Ton pouce vient glisser sur sa joue, sillon de larmes que tu veux effacer, soupir ; pourquoi ?
Tu devrais arrêter de te poser des questions auxquelles il n'y a tout simplement de réponses. Si quelqu'un a un jour su pourquoi, ça se saurait -et tu ne serais pas là à te le demander. La réponse coulerait de source, tu serais peut-être heureux, plus heureux... Ah, parfois tu rêve. Ca t'arrive.
Fugace.
Éphémère.
Ton esprit divague.
Vague.
Tu soupires encore.

« Je vais te faire ton chocolat, Lu. » parce que tu as besoin de t'échapper, tu as besoin de fuir, tu as besoin de voir ailleurs, parce que tu es comme ça.
Tu prends toujours la fuite.
Est-ce qu'il te l'a déjà reproché ? Probablement. Tu ne te souviens pas. Probablement parce qu'il n'est pas le seul, probablement parce que c'est ce que tu as toujours entendu, parce que c'est un reproche que tu te fais seul.
Tu prends toujours la fuite. Tu es faible Leslie -un homme ? Quelle plaisanterie. Et tu voudrais l'aider, vraiment. Tu voudrais être capable de prendre soin de lui, tu voudrais être capable de le faire sourire -encore, est-ce que tu l'as déjà fait sourire ?
Sourire...

C'est à ton reflet dans la télé éteinte que tu esquisses un sourire, tu essayes, mais ça ne te va pas vraiment. On te préfère l'air un peu sombre, Leslie, l'air un peu mystérieux. Brun et ténébreux, disent-elles, disent-ils mais si seulement ils savaient, peut-être qu'ils ne diraient rien. Et tu soupires, encore, toujours, tu soulèves sans douceur la tête du plus jeune pour te lever, le laissant retomber mollement sur le canapé. Et ça te fait rire, tu te moques un peu, tu t'amuses.
Il t'en a toujours fallu peu.
Tu le couvres un peu mieux, tu remontes la couverture sur son nez comme s'il était un bébé. Tu prends trop soin des gens Leslie, c'est ce qui te rongera probablement, plus que tu ne te ronges toi-même.

Une autre cigarette.

La fumée s'échappe de tes narines, de tes lèvres alors que tu te concentres à faire le chocolat.
C'est que c'est sérieux.
Quatre cuillères de chocolat.
Un peu de lait.
Une autre cuillère de chocolat.
Parfait.
Et tu as mis ça dans le micro-onde, « Tu vas en cours aujourd'hui Lu ?
»
.
Lu, petit Lu, petit biscuit brisé, petit beurre écrasé.
« Tu peux rester ici, si tu ne veux pas y aller... », parce que tu es qui pour lui dire de partir ? Qui pour lui dire que l'école c'est important ?
Ce n'est pas comme si tu avais fait l'effort de venir occuper les bancs de l'université -tu as abandonné bien avant.
Tu as pris la fuite.
« Je risque d'aller dormir par contre, peut-être plus tard, si tu restes...
Même si tu restes pas, en fait,(tu ris de ton idiotie), passer la nuit à la radio, ça m'réussit pas. »
Parce que tu n'es jamais là, parce que tu passes ton temps à vivre à l'envers des autres, parce que tu ne peux pas vraiment t'amuser, avoir des amis, faire comme tous les gens de ton âge.
Ne serait-ce pas aussi un moyen de fuir la réalité ?

Le bruit du micro-onde te fait froncer les sourcils, tu laisses échapper un juron -le seul que tu connais dans la langue de tes origines, c'est parce que tu as souvent entendu maman le dire. « Parfait, parfait ! »
et tu as tapé des mains pour exprimer ta fierté, tu es allé chercher les chamallows dans le placard -et tu te dis que ton hygiène laisse vraiment à désirer.
Parfait parfait.

C'est avec un plateau que tu rejoins le plus jeune, le paquet de friandises et la tasse posée là, une clope mourante entre les lèvres que tu prends soin d'écraser dans le cendrier aux odeurs de tabac froid.
Tu prends soin d'entretenir tes poumons.
Tu en sors une nouvelle.
C'est simplement que tu es nerveux, malgré tout. Et tu reviens soulever la tête du plus jeune pour la remettre sur ta cuisse en attendant qu'il se relève pour boire -c'est que tu as pris soin de lui faire ton met le plus demandé.
Un chocolat chaud.
Il devrait t'être reconnaissant de ça plus que de toi l'acceptant ici. Parce qu'au fond, il pourrait encore vivre dans ces lieux que ça ne te dérangerait pas.
Et tu soupires, jouant avec la fumée qui s'échappe.
Peut-être qu'au fond, tu es heureux du malheur des autres.
Tu existes.

EXORDIUM.
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